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LA PLACE DE LOfiIENT ET DE LfOCCIDENT DANS LES PROJETS DU IiOUVEMENT DE C ATILINA

L∙ HAVAS (Debrecen)

A lfipoque des guerres clviles romalnes9 1 fun des adver- eelres prenalt souvent appul sur les terrltolres Occldentsux de IfEmplre9 tandls quo Is base de 1’autre ^e Constltualt des ter­rltolres dfQrlent9 du molns pendant Certalnes piriodes Impor- tantes du confllt∙ La Iutte des partisans de Marlus contre Syl- Ia1f celle de C6sar contre Pompie ou cello qul oppose Octavlen a Antoine fournlssent la preuve de cette Constatation.

Uhe des raisons de ce partage doit Mre cherchie dans Ie fait que la moltΙέ Occidentale et la moItii Orientale du bassln midlterra- nien ont connα9³Conomlquement et Socialement9 une ivolutlon di­vergent ef quu italt a la source dfautres divergences dans la si­tuation politique des terrltolres respectifs9 en criant des con- flits dflnter⅞ts entre eux« La situation de IfItalle dipendait fortement de ses rapports avec IfOccident et IrQrlent9 vu son rδle dfintermedlaire tres particuller∙ Les groupements politi- ques remains devaient done s fappuer tantot sur les provinces de 1fOuest, tantot sur cellos de IfEst non Seulement pour des con­siderations tactlques mals pour des raisons iconomiques et po- Iitiques aussi. - Quant au mouvement de Catlllna9 ce sont ses rapports avec IfOccldent qui sont soulignis tent par Ciciron que par Salluste. Les etudes prosopographiques confirment cette vue∙ Cfest en effet dans IfOuest que les personnages Importants

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de la conjuration purent former Ieurs Cllentfeles - grfice fe Ieurs activitfes adBlnlstratlτes9 fInanclferes ou sutres- 9 et les rela­tions personnelles qu9ils avalent Uferltfees de Ieurs ancfttres fete lent Ilfeee au Dtftmes terrltolres^· Mujnferlquement9 Ie rapport entre Intferets Oooldentaux et IntferMts Orientaux des catilinai- res est de 24 fe 2f male Ie meme rapport devlent 5:0 si l'on ne Oonsldere que les Cllentfeles trfes Importantes9 Personnellement bfities∖ Bi ce qui concerne les adversalres du DiouveBent9 les Ohlffres Oorrespondants sont 31:41 et 5:22· Les armfees elles- Bftmes qu9on pouvalt Utlllser contre la conjuration ββ trouvaient - en dehors de I9Italle - surtout dans les provinces de I9Est9 et elles fetalent9 pour la plupart9 sous Ie COBmandement de Pob- pfee∙ Abstraction falte de la composition de Ieurs Cllentfeles9 dlverses Consldferatlons Conduisalent les Catllinalrss dans Ie choix de Ieurs terrltolres de base· A cause de la presence de Pompee dans I9Est9 la possibllltfe de se procurer 19Imperlum ex­traordinaire et la force Billtalre nfecessalre pour s9emparer du pouvoiτ, s9offralt svant tout dans l90uest^∙ Bi mftme temps91 ’im­portance Strateglque des provinces de Gaulet de l9Afrlque9de la Maurfetanle9 de I9Hlspanle9 de la Slolle et de la Sardalgne n9fetalt,fevidemment pas a nfegliger.

Les Catlllnalres Cherchalent d 9allleurs fe exploiter les tendances antiromalnes manifestfees par ces regions6. Ceci ne veut oependant pas dire qu9ils aient revfe d9un empire unifife∙ Les provincieux n9sursient fetfe que I9Instrument de la prise du pouvoir9 aprfes Isquelle les conju- rfes surslent Temfedlfe tout su plus fe quelques-uns de Ieurs

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griefs feconomiques ∙ Cstilins et see psrtissns - pβreils en ce- Ia fe Sertorlus - tensient compte svant tout des Intferftts des ImaigrfeB9 venus de Rome et d,Itslie et vlvsnt dans les* provinces

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Occldentales ∙ Hs Vlsslent fe assurer un r∂le dlrlgesnt pour I9Italie fe Ilintferieur de 1’empire. Ls pfeninsule n9avsit vrsi- ment de cspscltfes d'exportation qu9en direction des territol- res de I9Ouest9 les Cstilinsires se propossient done - par Ieur Sctivitfe dans ces terrltolres - d,fequilibrer la balance Commercisle dfeficitaire de 1,Itslieθ9 qui feteit fe l9origine d9une grave crise fee on î mi que. Bifint les Conjurfes Voulaient

mettre la mein but Certsines grandee rigions productrices de bll l qui devaient assurer ItOpprovisionnement de Rome et de ltarmeel m⅞me pour Ie css ou une guerre civile Iventuelle su- rsit arr⅜tl les Indispensables arrivages de bll provenant d tAsie Mineure. Cependant - abstraction faite de la Gaule Nar- bonnaise et de la Maurltanie10- Ie mouvement des Catilinaires nta pu enregiθtrer de resultats durables en Occident. Leurs ad- Versairea en effet - bien que lies a I9Orient par Ieur Intlrets Tondamentaux - disposaient dtimportantea clienteles en Occi­dent11· Se servant de celles-ci tout comme des moyens offerts par Ie pouvoir de ItMtatl ils Itaient en mesure de faire ob­stacle su succea des conjures.

- Malgrl 1'existence de ces ter- ritoires de base Occidentauxt Ie mouvement de Catilina n ,hlsi- tait pas a exploiter certaines possibility qui s tOffraient en Orient· Csssius DLon nous apprend que Ie programme de la roge-

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tip Servilia Itait celui des conjures . Celle-ci - en suivant ltexemple montre par Crasaus et Clear en 65 - prlvoyait 1’anne­xion de I9Egyptef afin de procurer d timportantes ressources mi- Iitaires et matlrielles a ceux qui se prepara³ent a la prise du pouvoir ⅛ Rome1∖ Cel8 aursit crll en πAme temps, a 1 tegard de Bomplej une menace constants venant du Sud∙ Ce n9est peut-etre pea un hasard dtailIeurs quef prlCislment en 65-63» Mithridate pensa a attaquer directement ItItalie9 proJet qutil avait for- ml pour Is prOiiilre foie en 751^. Bi effet9 a la suite de 1’ac­tivitydes Catilinaires en Occident et en Italie9 la situation glnlrale Itait comparable ⅛ celIe de I9Ipoque de Sertorius et de Spartaque. Bien que les textes ne permettent pas de replrer les traces dtαne convention conclue entre les conjurls de Rome et Ie Souverain du Font, on peat sapposer que la Simultanlitl de la conjuration de Catilina et du projet d’attaque de Mithri- date faisait prlvoir a Bomple et a ses Ccntemporains une ample alliance entre Orient et Occident9 telle que 1 tavait con cue Sertorius. Cet Illment augmente 1’importance internationale du mouvement de Catilina et nous donne I penser que la declaration de Ciclron aelon Iaquelle Catilina et ses complices de orbis terrarum exitio .cogitant1^. ^tait peut-⅞tre autre chose qutune

βiaple hyperbole rhdtorique. Hafs, maIgrd ñåâ dernieras remar- quae, il n9est pas possible d ∙affirmer que les Catilinaires aient ddveloppd Ieurs relations avec I9Orient de maniere rdfld- chie et quasi Bystdmatique.

Les conjures dont Cicdron disait plus tard qu’ils se trouvaient en Orient^, dtaient en fait des Personnes qui avaient dtd exildes de Rome en 62, et que Ie gou- Ternement9 pour de bonnes raisons, avait emp%chdes de passer en Occident, en voulant faire obstacle a de nouvelles aotivitds subversives dans cβs territoires∙

1. Cf. Schur V. Das Zeitalter des Marius und Sulla, Leip­zig, 1942 Ualen9 1963), 146.

2. J9ai ddja rappeld cβci dans une de mes dtudes antdrieu- res: Acta Univ. Debr., ser. hist., 2, 1963, 15 sqq.- D9autres ont dlailleur8 insistd sur les relations Occidentales du mou- vement de Catilina (par ex. Mommsen, G. Bloch, Bareti, etc.), cf. rdcemmβnt Annequin J∙ Actes du colloque sur l9esclavage, P∙ 9 1973, 2019 207 et la carte no 1. -Il parait cependant que c9est moi qui ai βoulignd Ie premier les Intdrfcts or ³ ent aux des adv àã â a ires de la conjuration, et c9est moi dgalement qui ai eβsayd un traitement proSopographique du problfeme.

3. Bour ma mdthode d’analyse, cf∙ avant tout: Badian B. Fo­reign Clientelae (264-70 B∙C∙ ), Qxf., 1958; antdrieur ament Gel- zer M∙ Die Nobilit%t der rDmischen Republik, Leipzig-Berlin, 1912 (κiβinβ Scbriften, Wieebaden, I, 1962); Kroll W. Die rδ- mische Gesallschaft in der Zeit Ciceros. NJb, 4, 1928, 310∙

4. Les chiffreβ mar quant des rapports proviennent, ici et

par la suite, de I9Interprdtation numdr ³ que des matdriaux pro- Sopographiques et refletent les diverseβ relations dtablies par les diffdrentes personnes avec les territoires Occidentaux et orientaux∙ Ces chiffres n9ont n at ur el lament pas de valeur absolue, car nous ne oonnaissons pas tous les Catilinaires ni to us Ieurs adversaires∙ Les relations qu,ils pouvaient avoir dans les diffdrentes provinces ne nous sont pas connues intd- graIement non plus.

Mes donndes numdriques n,ont ainsf qu9une valeur approximative: ils Teprdsentent la rdalitd avec plus ou moins de prdeision. '

5. C,est alnsi que Cn. Calpurnius Piso, questeur, a ete envoyd pro praetors en Hispanis Citdrieure.

6. Malgrd une Tomanisation de plus sn plus intense des secteurs Occidsntaux de la Mdditerranee (cf. par ex. Wilson A.J.N. Emigration from Italy in ths Republican Age of Rome. Manchsstsr-N.Y., 1966, passim), nous connaissonβ, dans la pre­miers moitid du lθr sleds event notrβ ere, plusisurs mouve- ments antiromaine en Gaule (cf. Salluvii, Vocontii, Allobro- ges), en Hispanie (par ex. Arevaci9 Celtiberes9 etc·)· £h 78, M∙ Lepidus s*sst rdfugie sn Sardaigne9 espdrant ó recrut er une nouvelle armde9 cf∙ Bouchisr E∙S∙ Sardinia in ancient ti­mes ∙ Oxf∙, 1917 9 77 ∙

7« Lorsque Sallusts affirme que les conjures ne promettai- ent a UX Allobroges quvune amelioration de Isur situation dcono- mique9 c’est probablβmβnt conforms ⅛ la rdalitd (Cat· 40-41 )∙ Bi revanche, Iorsque Plutarque (Cic∙, β) dcrit que les catili- naires s∙βngagβaiβnt ⅛ Iibdrer cettβ tribu celtique de la domi­nation romaine, 11 est Vraisemblablement Influencd par la pro­paganda de Cicdron∙

8∙ Si rapport avec les actions dos Oatilinaires dans les provinces» nous rencontrons Uniquement des noms renvoyant a Rome ou a IvItalie: Cn ∙ Piso9 Sittius9 Umbrenus9 Sempronia9 Ga- binius, Volturcius9 etc·

9∙ 1É1 Italie9 les terrltolres de base de la conjuration dtaient Constltuds par des rdgions agricoles et Industrielles Oxportatrloes comme IvEtrurie (Arretium) et la Campanie (Ca- poue)∙ Leurs exportations se dirIgeaient & lvdpoque surtout vers la Gaule9 IvHispanio et IvAfrique.

Ls question à âuseltd une Iittdrature a bo nd ante.

* 10 ∙ Cf∙ Cic∙9 Sull∙9 56; Sall· 9 Cat∙9 21, 3. Pcur la posi­

tion stable et durable de Sittius en Afrique9 cf∙ Mommsen Th· - wHermesa9 I9 1Θ669 47 sqq∙ (Geβ∙ Schr∙9 Berlin9 190β9 V9 470 sqq∙); Horgon J4 - Libyca9 59 1957, 7-24.

11. Cn. Piso a dtd dIimind probablement par les clients de Pompde9 qui ont and ant ³ par JA les espoirs du mouvement de Catilina en Hiapanie (Sall∙9 Cat·, 19, 5; Aac., p∙92 C)∙

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12 ∙ Cafi8. Øîï 37, ÇÎ, 2.

13* V∙ &oβ Biijet øåå articlefi anterieura; ACD93« 1967 9 52; 4, 1968, 21·

14» Conoernant tons lee details de åå probIfcme9 of· Harmat- ta J∙ Studies on the history of the Sarmatians· Budapest, 1950, paru dans une seoonde Edition mise ⅛ jour: Studies in the his­tory and language of the Sarmatians· Szeged, 1970∙ Pour un point de vuβ Semblahle Ultdrleur9 cf∙ mon rftude: ACD, 4, 1968, 13-25; en outre Olshausen B∙ Mithridates VI∙ und Rom9 ANRW9 I∕l9 Ber- lin-N.Y∙, 1972, 806-15, surtout 814. H est dgalement trfcs in- atruotif de lire dans oe domaine Marrfti E. Ricerohe storiohe.∙∙ in mem∙ di C∙ Barbagallo9 I∙ Napoli, 1970, 479 sqq. (paru en hongrois dfcβ i963)∙ - C,βst Ici que jvexprime mes Temeroiments h M∙ Ie professeur NiemiroTSki pour les remarques utiles quvil a eu IvOhligeanoe de fair· h propos de ma oommunication aα Con- grfcs∙ Afin de prrfoiser mon point de vue9 je rappelle que la re­cherche plaoe la mort de Mithridate grfnrfralement $u dfcbut de lvan 63 avant notre fcre, rfpoque oυ, βuivant Salluste (Cat· ,21, 4), Ie mouvement des Oatilinaires rftait drfjfc en train de se drfvelopper∙ Malgrrf 1 vopinion d*autreβ Ohercherus, je considers oette tradition oomme authentique,of∙ par ex. ACD, 2, 1966, 40-41 ∙

15» Cio., Cat·, 1, 4, 9∙

16. Cio ∙9 p∙ Plano· 9 41, 98-101 ∙ Pour one explication qui difffcre de la mienne, cf∙ Bevano Amato G. La rivolta di Cati­line. Messina, 1934, 116.

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