LA CRISE DANS LA COKSCIHiCE DU CITOYEN ROMAIN A L' EPOQUE D’AUGUSTE (d,apr⅛s Ovide)
V. Todoranova (VAlico-Tarnovo)
Le principat dfAogoste eat une Apoquet Jugee souvent de man³ere Contradictoire ausai bien par aea Contemporaina que de nos jours· Lea doκmAeβ des Diatoriographea antiques Atant in- Suffisantes pour menβtr A one seule conclusion; il eat nAceasalre de conaulter d'autres sources, dans Ie caa prAcia, 1'oeuvre d'Ovide de la pAriode romaine.
Notre point de depart sera 1'idAe de Marx qu*il pent exister union ou rupture entre les gena et les conditions natureilea inorgani∕ques de Ieur Achange de βub-'>L,
?tρnces avec la nature. ⅛ Buppoaant que cette rupture provoque- ra une criae dans la conscience, nous Chercherons ses traces dans les particUlaritAs Iitterairee. Ovide a attirA notre attention etant 1’auteur dont tout Ie monde a*accorde pour dire qu'il a Ie miβux rendu 1'esprit de son Apoque∙ Horace et Virgile ont oulti- ve Ieur esprit dans lea dernieres annAes de la rApublique. Leur formation Spirituelle a AtA parachevAe au temps des guerreâ ci- viles:
nLongtemps avant la Victoire d9Actium, Virgilet Horace et Tite-Live etaient parvenu A la pleine maltrise de Ieur art: de m⅛ne*qu*ιm grand nombre des rAcenta partisans d*Auguste, lie avaiβnt AtA a l'origine dans Ie camps de ses adversairea∙ Si l*on situe dana son contexts historique rAel la pleiade d’auteurs con- SidArAe traditionnelleaent comme Illustrant Ie aieclβ d9Augustet
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on s,apβrςoit que son dclat et see Caractdristiques originales doivent ⅞tre rattachdβ non pas ê la nouvelle organisation de UEtat et de la socidtd, ?ais aux anndes de troubles et de de- Ireeee qui Uon pr6cddde"∖
Par contre Oride est enti⅛rement Ie produit de Udpoque d∙Auguste et dans ce but out contribud dgalement see penchants naturels et son talent; eon oeuvre attaint la perfection grace ά Uheureox concours dee Circonstances, qui ont favoris¸ l’dpa- nOuiesetnent de son talent.
Ovide est Ie reprdsentant Ie plus imminent de 1 'dldgie latino. Dens sa longue histoire Ie vers IHgiaque remplit des fonctions div er see. Callin et Tyrtde Uem- ploient pour encourager Uenthousiasme gerrier des soldats, Solon expose Ie programme de see reformes, Thdognis donne des Ie- ςons de sagesse, Phocylide Uemplole dans βes chansons & bo ire, 11 n ly a que les dldgies de Mimnerme qα9on rattache a Uamour, nais dans les fragments de "Nano" qui nous βont parvenus, on ne trouve aucun dldment Bubjectif dans I9Interpretation du sentiment amoureux. Le th⅛me de llamour deviant plus frdquent dans Udldgie alexandrine: Antimachos, Phildtas9 HBroidsianax9 Bupho- r62-66; Amores 1, 8, 49).Ovide a Ie go&tdu mouvement. Tout est mouvement, change, metamorphose. Theme d∙une partie Importente de son oeuvre, on Ie trouve Indirectement dans 1’ensemble de tous sea eerits. Les su- jets mythologiques ne sont qu'une forme favorable pour mettre en - 176 -
valeur un dee traits Carectdrlstlque du talent dvOvide qui »··· trouve une sorte de Stabilitd et de perfection quand 11 cherche ⅛ exprimer IvImpression fugitive, la fluence et Ie ddteil incertain "5. Comme Ie mdtamorpbosβ eat on dβvβnir elle ne pent pas se situer dans Ie monde mythologique Intemporel, male doit Itre vue d ,tm oeil humain. L'aff βctivitd est Ie facteur causent la mdta- morphose∙ On note Itf manque absolu de ralsonement. Les hdros ne refIdchlssent pas, mime sur les probl femes du blen et du mal, Ils agissent, mus par 1'amour, la halne, Ie solf de vengeance. Le processus mime de Ie transformation reprdsente IvObjectlvetlon de 1'dldment Subjectlf et pβychlque, et 1'dternisation d'unβ tendance (touβ les hdros se transform ent an 1'animal ou l'objβt au- qαel Ils ressemblent pβychologoquemβnt)∙ Se retrouvent dans Ie nature He troαvent la possibllitd de se rdallser plelnement alnal que Ie moyan de fair de sol pour retourner dans 1'unltd ñîºâ³ que.
Ainsl la Bdtamorphosa se rdvfele ñîìå la solution singull- fere d'un drama, qui ⅛ part Ir de ce moment ñååâå d'etre humaln et åå Confondant avec Ie nature perd de son acultd. L'anxldtd, Ie manque de stsbilltd, un besoln douloureux de moαvement tel devalt Itre 1' uni V srs et I'd tat d'ftme du Contemporaln d'Ovlde ∙ Le sentiment d'Insdcuritd a donnd naissance fe des humours fBtelistes∙ Dens les 33,710 vers, Ovide mentlonne 225 fols faturn et 115 fols - fortune. Le fatnm eat aurtoαt une figure morblde dans les pofemes d'0vide∙ Cet aspect effrayant du fatum-moTra se tradult em- Phetiquement par les dpithfetea: avare, Importune, Iniqua, non toque, IniBdcltla, Inutile, mala, Daiserablle, solicit urn. Hlme les dieux Obdlssent au faturn. Ovide Introdult Ie premier cette Idde greoque dens Ie Ilttdreture romaine; on en trouve quelles- que traces chez Virgile, mala ndanmoins l'idde prddominante est N«..qua Ie fetιm ou lea fats aont en constants harmonle evec les Volontds divines, voir m⅜me qu'lls en sont 1'expression*^· Le fa- tum est surtout un agent de la mort et de la deatruction. Son aynonlme fortune a Ie signification de tychd∙ Tibulle n'emploie pas ce mot, chez Properce on trouve une disaine d'examples, mala dsns sucun dveux 11 n'y a pas trace de 1'helldnlstlque tychd∙ Certainement Ovide a aea raisons'd 'avoir un Inttfrlt àèââ³ vlfpoor cette Idie et notsαnent -Ie trait Oaractiriatique de for* tunβ-tychi-l'Inconatsnce. C"eat βllβ qui rigit toute ilivation et chute dβna la vie. Elle troupe lea espirences dee ho?πβa et sug- gere l,idie du mal∙ La relation eaprit hu?ain-fatom, que lea BtoIclena traitent en favour de 1"eaprit humain* eat vue par Oride d"αne msni⅛re oppoβiβ. Lea oeuvres de la piriode d "exile aurtout Ieiaaent 1"Iapreaaion que fstum et fortune aont plus
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forts que toute effort humain ∙
Ovide montre lui-m⅞me lea causes de cet itst mental - l"aps- thie politique, four la premiere foie dans l*histoire de Rome I1SCtiviti politique nlsvait sue une ettreit pour Ie citoyen ro- main:
Quid mihi9 Livor edax9 Ignsvoa obiicis snnoB9
Ingeniique voces Carmenlnertis opus?
Kon me more ρatrum9 dum Strenua suβtinet setae
Bremis militiae pulverulent a sequi9
Neo me verbosaβ leges ediscere9 nec me
Igrsto vocem prostituisse foro? Amores 3> 89 45-51
La concentration du pouvoir dans lee mainâ d lune seule personne - Ie princeps9 enlevs toute Possibiliti de Iibre expression politique.
OtSilleurs les oitoyens-m⅞mes en svsient perdu Ie gotfct9 Iss et diςus des longues guerres civiles9 qu"on ne fsiβsit plus pour I1Intiret secri de Is ãåâpublica9 nl pour la consolidation du pouvoir romain et A trovers Iui Ie moral et Ie prestige du romain∙ La guerre9 cette autre forme du travail* svait perdu son sens traditIonnel9 quand Ie aeul but, engageant toutes les poa- Bibilitis morales du romsin itait Ie puissance de Rome. Klle n"est pl èâ la poaβibiliti d t event d "expression noble des quel³- tie morales et physiques* elle a perdu son attrait, car au courage* & la risistance physique* ⅛ 1 "Inginuoaiti * & 1 "hirolsme etQ
Ie aaorifice manque un but digne et beau‰ Icdmmcription de la giniration de far ne peut ⅜tre Inepirie que par des ivinements Oontemporains ou tr⅛a proches dans Ie tempa (Sitamorphoses I* 127-150)∙ Amor sceleratus habendi (131) eat sonligni expresBern ent comme la oaαse fOndamentale des malheurs humalns∙
Lea Particularitis inumirieft jusqu"ioi riv⅛lerjt une forte
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crise de conscience provoqu0e par Ie disaccord entre 1,Individu et Ie socidte. Cette contradiction n ,est point primaire. Elle est la consequence de la contradiction de la aocidte envers soi-m¾me. Ce qui noua permet de ddfiniXle Principat d lAuguete comme line dpoque ou 1 "on remarque de fortes tendenceβ ali6natoires. Nous avonβ ðî⸠Ie probleme de telle mani⅛re ⅛ cause de son rapport dtroit avec 1,actuality, en nous referant λ la ðåïâ¸å de Marx que ce n "est pas I1Bnetomie du singe qui nous donnera la ñ1¸ de llanatonie de l,homme, male Ie processus inverse·
1, Syme R∙ Histoire et Iangaget-wBlogene", 1974» 85, p.10.
2⅛SeIlar B. The Roman poets of the Augustlan Age. Oxf∙, 1924» f.ed.lθ91» Day A.A. The Origins of Latine Love-Elegi. N.Y.,1972, f.ed. Oxf., 1938.
3∙ Ñýâ Ë. Ìàðêñèçì è òåîðèÿ ëè÷íîñòè. M., I972tñ.297-298.
4« Ovide.Metamorphoses, 10, 298-517; 9, 666-797.
5« Viarre S. L,³mage et la pensde dene les Metamorphoses
d,Ovide. P., 1964» p.17.
6∙ Lebrun R.P∙ La notion de fatum dans 1 "oeuvre de Virgile. - "Lea etudes classiques", t.XLIV, I, 1976.
7∙ Liro V.K. Ovld,s conception of fete. - "Anneles Universi- tatis Turkeniensis", series B 80, 1961.
8. Voir Ovide.Amores 2, 1, 300-309; 2, 10, 31-38; 3, 8, 45-48; Ara amend! 3» 341-342; Heroldes 3» 115-120. Textes utilises: P∙0vidii Naaonis. Amores, Medioasdna faciei feminae, Ars aaato ria, Bemedia amoris. Oxonii, 1961; Ovide· Heroldes. P., 1928; Ovide. Les Metamorphoses. P∙, 1928-1930.